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La crique politique Péruvienne: discussion avec Alberto Vergara Paniagua, Enrique Pilco et Anna Calderón

En plein contexte de crises politiques au Pérou, l’ÉRIGAL, en collaboration avec le RÉLAM, a organisé une discussion avec Alberto Vergara Paniagua (Universidad del Pacífico, Lima) et les commentaires de Enrique Pilco (UQÀM) et Anna Calderón (Concordia, ancienne membre ÉRIGAL).

Alberto Vergara Paniagua dressait un portrait tendu du pays. Alors que le Pérou a connu trois présidents en l’espace de quelques semaines depuis le 9 novembre dernier (Martín Vizcarra destitué par le congrès le 9 novembre, Manuel Merino qui a repris le pouvoir pendant cinq jours et qui a été poussé à la démission, puis Francisco Sagasti suite à la démission de Merino), le pays faisait en même temps face à la pandémie qui touchait le monde entier. Vergara mentionnait que la gestion de la crise pandémique était des plus laborieuses, ce qui explique entre autres comment on en arrive à des résultats montrant que environ 66% des Péruvien.nes disent connaître quelqu’un.e décédé.e du COVID-19. Vergara présenta les racines de la crise politique actuelle et mentionna les possibles portes de sortie de cette crise.

Enrique Pilco offrit des commentaires sur les nouvelles formes de mobilisations dans les rues liées aux plus jeunes générations de manifestant.es. Il insista notamment sur l’utilisation de la musique comme moyen de protester. Il mentionna des actions comme la reprise de chansons traditionnelles réadaptées avec des paroles liées aux demandes des manifestant.es, ou encore l’utilisation du rap pour dénoncer la corruption qui gangrène le système politique Péruvien.

Anna Calderón, enfin, expliquait que la génération des jeunes Péruvien.nes a connu une histoire de leur pays différente des générations précédentes : un pays sans terrorisme actif, des gouvernements plus corrompus les uns que les autres, et dont les présidents finissent en prison, mais aussi l’influence des manifestations qui ont lieu dans les pays voisins tel que le Chili. Elle expliqua ensuite comment la communauté Péruvienne, et notamment les jeunes, à Toronto et à Montréal s’est organisée pour faire entendre leur voix et participer à la mobilisation depuis l’extérieur du pays.   

Cette discussion a offert une compréhension fine de la situation actuelle au Pérou et nous a permis d’en connaître davantage sur une situation de crise politique très peu médiatisée à l’international.